14/03/2014

L'école va à contresens

La pratique de la musique est bénéfique pour le développement cognitif. Une recherche a même montré des bénéfices concernant des tâches linguistiques (1 - Voir Emission Specimen du 12 mars 2014 - à 30'39"). L'école primaire genevoise pourrait s'en inspirer ! A quand des cours de musique pour les élèves qui ont des difficulté en français ? Malheureusement, l'école va plutôt à contresens, en attribuant peu d'importance aux disciplines artistiques, scientifiques et à l'éducation physique.


Quelques autres contresens :

On sait que pour les élèves en difficulté, l'appui disciplinaire d'une ou deux période(s) par semaine sur temps scolaire donné par des ECSP (enseignants chargés du soutien pédagogique), n'est pas efficace, mais cette pratique n'est pas remise en question. Pourtant, certains établissements osent utiliser ces ressources différemment, ... ...pour le bien des élèves.

Les devoirs à domicile ne servent pas à grand chose (2), en tout cas pas à réduire les inégalités, ni à acquérir des connaissances durables, mais par tradition, on ne les fait pas évoluer. Ils nous font même oublier parfois, que le véritable lieu d'apprentissage, où les élèves sont censés apprendre, c'est l'école !

Pour apprendre une langue, la méthode qui consiste à saupoudrer durant plusieurs années 2 ou 3 périodes par semaine n'a jamais fait ses preuves, contrairement à l'immersion pratiquée dans certaines écoles (bilinguisme précoce)... ..ou au séjour de 6 mois à l'étranger. Mais pourtant, l'institution a accentué la pression en introduisant l'anglais dès la 7ème Harmos (2 périodes par semaine) et en mettant en place des épreuves cantonales d'allemand (renonçant à la sensibilisation initialement souhaitée). Comme quoi, on n'apprend pas des échecs du passé.

L'enseignement primaire avait comme qualité d'offrir aux élèves un lieu d'apprentissage, une classe, tenu par un enseignant généraliste. Ce référent avait ainsi une vision d'ensemble de chaque élève, qu'il pouvait suivre dans tous les domaines. La nouvelle organisation prévue pour la rentrée balaie cette perspective et fragmente les temps d'enseignement interdisant la souplesse nécessaire dans cet ordre d'enseignement. Nous assistons à une secondarisation de l'école primaire, où le titulaire ne donnera ni l'éducation physique, ni l'anglais, ni parfois la musique, l'éducation artistique, les sciences de la nature ou les sciences de l'Homme et de la société.

Allez, j'en ai encore dans mes manches, mais j'en garde pour une prochaine.


1 : Emission Specimen du 12 mars 2014 - à 30'39" : http://www.rts.ch/emissions/specimen/5566011-la-musique-c...

2. Dubois, L. & Navarro Dubois G. (1997). Les devoirs à domicile: des tâches sans taches ?


14:02 Publié dans Enseignement | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook | | | |

Commentaires

C'est bien de vous réveiller...

Écrit par : Duval | 14/03/2014

c'est tellement vrai qu'un célèbre musicologue Suisse et professeur de maths /Sandoz pour ne pas le nommer /nous enseignait les équations au son de la musique de Sidney Bechet.Quel plaisir que d'étudier ainsi les équations surtout celle à 13 inconnues
Tandis que Siron peintre lui enseignait la géométrie en plein air
Ces deux profs auront marqué l'esprit de nombreux élèves et nous les remercions encore pour ces instants précieux de notre existence

Écrit par : lovsmeralda | 14/03/2014

Monsieur,

Il est vrai que l'école va a contresens, mais, l'école, seulement? Ecole miroir d'une société en pleine décrépitude (bientôt décomposition) ou non? Est-il faux d'avoir le sentiment net qu'autrefois, années juste après-guerre et suivantes, l'école allait mille fois mieux qu'aujourd'hui? à part un problème évident, le "maître" était violent (joues tirées, genoux sur barres métalliques de podiums, autres joyeusetés)! Mais l'écolier, non handicapé, aimait son école et le maître ou la maîtresse, bien souvent, rayonnaient littéralement, d'abord, parce qu'ils étaient respectés: le "maître était quelqu'un en aucun cas un objet à disposition. Souvent il participait à la vie du coin dirigeant choeur paroissial, autre stés., bref, le "maître" était heureux, les enfants, nombreux, itou. A la récré, au temps des cerises, quelques centimes le kg, dans les préaux que de rires, que de "courates" avec un t ou deux, ballons, la marelle... Police à l'école, coups, couteaux, vous plaisantez, ou quoi?! Alors, que se passe-t-il?

Écrit par : Agathe | 14/03/2014

Oui, depuis le temps qu'on le dit et qu'on le sait... ça n'a pas l'air d'entrer entre les deux oreilles de nos élus, hélas.

Écrit par : Jmemêledetout | 14/03/2014

La souplesse d'horaires différenciés sera perdue. L'aide aux élèves en difficultés sera très compliquée à offrir. Les décloisonnements créés pour cette aide spécifique deviendront quasiment impossibles. Toutes ces alternatives qui ont été pensées et créées durant la Rénovation du primaire, n'en déplaise à Monsieur Duval qui s'est battu contre ces idées novatrices, ont été mis à mal par l'ARLE et par le ministre de l'éducation.
Il faudra dorénavant travailler par période de 45 minutes comme au Cycle. Les enseignants ne verront plus les élèves travailler dans la globalité d'un horaire semaine organisé pour eux. Ces horaires morcelés pour les enfants et leurs enseignants ne permettront que difficilement l'accès aux sorties culturelles et aux événements sportifs.
Le peuple a donné un chèque en blanc à Monsieur Beer.
Les élèves qui ont réussi les derniers tests Pisa sont ceux qui ont vécu les écoles en rénovation. Le constat est amer.

Dans certaines écoles la sécurité des enfants sera mal assurée, les déplacements dans et hors de l'école sans leur maître seront organisés avec qui?
Les élèves dès 8 ans iront à l'école 33 périodes et 5 minutes alors que les élèves du cycle ont un horaire de 32 périodes, c'est pas bizarre ça?

Voilà tout ce qui a été dénoncé déjà avant la votation malheureusement qui l'a entendu?

Écrit par : Valérie | 15/03/2014

@Valérie
Votre mauvaise foi est hallucinante. Pouvez-vous me dire où, quand et comment j'aurais combattu l'aide aux élèves en difficulté scolaire? C'est tout le contraire, mes nombreux billets sont là pour vous démentir. Ce que j'ai combattu dans cette lamentable Rénovation, c'est la perte de tout repère engendrée par des cycles d'apprentissage de 4 ans et la suppression des notes. Voulez-vous refaire tout le débat? Voulez-vous les liens à tous mes billets sur le sujet?

Écrit par : Duval | 15/03/2014

Aucun besoin... Justement!
J'ai bien tout suivi... et vécu aussi...
Vous avez combattu sans venir sur certains terrains voir, sentir, vivre ce qui se passait réellement à la hauteur d'une école et d'un quartier entier. Il y a eu de tout, bon et moins bon mais de l'exceptionnel aussi jeté avec l'eau du bain...
Mais le passé est passé...
A nous de faire le présent puis l'avenir sur le terrain. Vous pourrez venir nous aider, nous aurons besoin de bénévoles!

Écrit par : Valerie | 15/03/2014

@Valérie
Vous dites n'importe quoi sans savoir!
Au contraire de ce vous prétendez, j'ai suivi de près ce qui se passait, non seulement parce que j'étais encore en service et avais donc droit à toutes les infos, réunions, communications dont nous gratifiait le DIP mais en plus j'ai été invité à des stages dans les écoles en réno.
Vous divaguez également en prétendant que le but atteint par notre initiative aurait aboutit à ce que vous prétendez. Dommage que vous fassiez preuve de si peu d'objectivité,
Petit aparté, Valérie...on se connaît...me semble-t-il?

Écrit par : Duval | 15/03/2014

Oui nous nous connaissons, mais ce n'est pas le propos. Et ne prenez pas trop contre vous, personnellement, ...
Je réitère: un stage ce n'est malheureusement pas assez, on vit 1 jour ou 2 voire 1 semaine au plus dans un lieu et on en repart avec des bribes.

Avoir passé 9 ans dans un quartier très défavorisé, avoir dû trouver des solutions au quotidien pour aider les élèves puis voir ces 9 ans disparaître à la poubelle et passer aux yeux des gens pour de joyeux illuminés qui ne bossaient pas car on travaillait sans notes, c'est dur! On évaluait! Simplement autrement!

On a bossé et beaucoup. On prenait le temps aussi pour accompagner les enfants sans la sanction chiffrée. Certaines notes sont dégradantes surtout lorsqu'elles comptent dans des moyennes qui poursuivent l'enfant malgré ses progrès et ses acquisitions plus lentes mais solides. C'est ce que j'ai dénoncé à l'époque. Rendre une moyenne pour telle date! Ça ne tient pas compte de l'âge de l'enfant, de ses progrès, ça doit tomber!

Retour des notes voté je fais, sans discuter!
Sauf que ce n'était pas juste leur retour comme avant mais leur sur-utilisation. En évaluant on n'enseigne pas, beaucoup d'heures sont perdues. Il y a trop de notes à rendre, trop de moments d'évaluations près de 21 notes par trimestre en 8P, 2-3 épreuves et récitations par semaine si on ne compte pas les premières semaines où il faut enseigner pour pouvoir ensuite évaluer...
Enfin, c'est ainsi! Le retour des notes est une chose, ce que le magistrat en a fait en est une autre.

Sinon la généralisation utilisée partout, vous-moi-ARLE-pas ARLE, n'est pas adéquate: certaines écoles traditionnelles étaient extraordinaires, d'autres non, pareil pour celles en rénovation. Certains collègues furent incroyablement bons, d'autre pas, c'est encore ainsi aujourd'hui!
Ce qui est déplorable c'est qu'aucune mesure des pistes testées dans les écoles n'ont été officiellement étudiées par le DIP avant d'être abandonnées... Gâchis!

L'ARLE n'est pas responsable de cela mais son combat pour le retour des notes en mettant dos à dos les pro- et anti-notes ou les pro- et anti-rénovation ou les pro- et ant-i ci et ça, a cristallisé le débat trop vite. Tout s'est précipité et il y a eu de mauvais abandons et de mauvaises généralisations. Alors oui, je suis déçue de ce qui est resté, de ce qui s'est généralisé, des mauvais moyens d'enseignements choisis par la suite sans écouter ceux qui les avaient testés et dénoncés, des choix faits par des non-enseignants, par des managers qui ne se rendent pas compte de ce que les écoliers et enseignants ont besoin, ...
C'est une fuite en avant depuis...
Directeurs, mercredis matins, plus d'heures au primaires dès 8 ans qu'au CO ou que dans certaines filières du PO...

Mais on continue sur le terrain de tenter de renverser la vapeur, de faire des choix plus intelligents, qui fonctionnent mieux, de mettre plus de musique aussi grâce aux projets des "orchestres en classe", de faire de l'histoire Suisse, d'apprendre les chants patriotiques aussi qui contrairement à xe qui s'est dit dernièrement font partie du programme genevois (lisez Etidep et toutes nos directives de directives de directives...), de faire des choix sur les quelques espaces de liberté qu'il nous reste. Mais on s'épuise...

On aura donc besoin de nos chers retraités...

Écrit par : Valerie | 15/03/2014

Bon, Valérie, vous dites ne pas vous en prendre personnellement à moi, vous m'avez pourtant bel et bien mis en cause dans votre premier commentaire. Je vous cite:
"L'aide aux élèves en difficultés sera très compliquée à offrir. Les décloisonnements créés pour cette aide spécifique deviendront quasiment impossibles. Toutes ces alternatives qui ont été pensées et créées durant la Rénovation du primaire, n'en déplaise à Monsieur Duval qui s'est battu contre ces idées novatrices"...
Je ne vous en veux pas du tout, car vous semblez tout de même, dans ce dernier commentaire, nuancer votre propos, mettre de l'eau dans votre vin et admettre que je ne porte pas la responsabilité de tous les maux de l'école.
Sachez, par ailleurs, que ni les décloisonnements ni l'aide aux élèves en difficulté ne sont l'apanage de la Réno. Les enseignants ne l'avaient pas attendue pour les pratiquer. Vous êtes bien placée pour le savoir...
Alors, soyons un peu sérieux et revenons sur le fond de votre commentaire. Sur la question des notes, oui, il y a eu opposition de point de vue et chacun a défendu sa vision des choses. Le peuple a tranché et très nettement. Je croyais que vous ne vouliez pas refaire tout le débat, je constate que pourtant vous consacrez une bonne partie de votre commentaire à le faire.
Pour le reste, nous sommes, me semble-t-il d'accord, à savoir tout ce que Beer a laissé faire ou...pas faire.
L'aide aux enfants en difficulté scolaire, l'enseignement des branches artistiques, la mise en place des directeurs, du mercredi matin, le choix du matériel didactique, l'histoire suisse, autant de sujet que vous citez et que je dénonce depuis bien longtemps et pour lesquels je me bats encore via mon blog sur lequel vous trouverez quantité de billets qui traitent de ces différents sujets...
Alors, merci de reconnaître que les nombreux dysfonctionnements et lamentables erreurs du DIP ne sont pas des conséquences de l'initiative de l'Arle.
Et surtout, merci de continuer le combat pour que, oui, Madame Anne Emery Torracinta prenne conscience des dégâts causés par la politique de son prédécesseur.

Écrit par : Duval | 16/03/2014

Parfaitement d’accord avec vous, à l’exception peut-être des devoirs qui permettent à l’écolier de réviser des notions apprises à l’école.
Quant à la nouvelle organisation liée à l’introduction du mercredi d’école, il faudrait sérieusement prendre le temps de la penser sérieusement.
A ce sujet j’ai écrit un billet :

http://micheleroullet.blog.tdg.ch/archive/2014/03/17/le-gouffre-financier-du-mercredi-d-ecole-254094.html

Écrit par : Michèle Roullet | 18/03/2014

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