02/12/2013

Des débats stériles sur l'avenir du DIP

Les dés sont jetés ! Mme Anne Emery-Torracinta reprendra le DIP durant la prochaine législature, le Département de l'instruction publique, de la culture et du sport (n'oublions pas la culture et le sport !).

Léman bleu y a consacré un débat dimanche 1er décembre dernier, intitulé "Quel avenir pour l’Ecole genevoise ?" lors de son Grand Genève à Chaud (Grand GAC) hebdomadaire, présenté par Pascal Décaillet (1). Les invités, (Olivier Baud – Député d’Ensemble à Gauche; Isabelle Brunier – Députée socialiste; Philippe Morel – Député PDC; Nathalie Fontanet – Députée PLR; Jean-François Girardet – Député MCG) ont débattu notamment sur la formation obligatoire jusqu'à 18 ans, la refonte de la maturité, les jeunes en rupture ou encore sur les fonctions de l'Etat-major du DIP.

Que de mots et de paroles concernant l'aménagement des structures, mais peu de choses sur le fond ! Or, apprendre à décoder le monde est un enjeu essentiel, qui nécessite des changements en profondeur. La société a changé et l'école est plus que jamais un vecteur d'intégration. Le savoir évolue sans cesse et l'accès à l'information a transformé nos modes de vie. Mais comment faire du neuf avec du vieux ? Ressasser les vieilles rengaines ne feront pas avancer les choses. Nos politiques sont en manque d'imagination (2) : "il faut réintroduire l'Histoire suisse" ; "l'orthographe doit être une priorité" ; "il faut recentrer l'enseignement sur la lecture" entend-on autour de la table de Pascal Décaillet. Mais quelle histoire suisse ? Le débat d'infrarouge sur la RTS du 6 novembre dernier, intitulé ""Identité suisse, mythe ou réalité", montrait la complexité de la problématique (3). Et de quels apprentissages de la lecture parle-t-on ? Lire c'est décoder ! Non seulement décoder des lettres et des phrases, mais aussi et peut-être surtout arriver à donner du sens à ce qui est déchiffré, arriver à contextualiser ce qui est lu. Apprendre à lire le monde, c'est apprendre à lire des textes différents, apprendre à décoder des discours provenant de médias diversifiés (y compris des images, des vidéos et des médias numériques) et appendre à faire des liens avec les enjeux de notre société, avec notre culture (4).

Cela dit, je rejoins les personnes qui espèrent que le DIP sortira de l'impasse, qu'il arrivera à guider le navire sur des océans moins tourmentés et qu'il réinstaurera la confiance nécessaire à la bonne marche de l'institution. Les réformes en cours ont éloigné les enseignants de leur mission première, en multipliant les tâches administratives, en mettant en place des dispositifs de gestion et de contrôles chronophages n'ayant montré que peu d'efficacité et ayant surtout joué un rôle néfaste sur la motivation des enseignants (5). Il est nécessaire de redonner au corps enseignant le plaisir d'enseigner ! Et de leur faire confiance !

Mais pour cela, il faudra que notre nouvelle ministre de l'Instruction publique, de la culture et du sport du canton de Genève, Mme Anne Emery-Torracinta, arrive à remettre en question certains errements de la décennie passée. Il est également temps de dépasser les éternels clivages entre ceux qu'on appelle les "pédagogistes" et les "anti-pédagogistes", pour s'engager sur une nouvelle voie, structurée, mais adaptée à notre temps.

Les pseudo réformes successives, n'ont servi à rien. L'école reste telle qu'elle a été imaginée il y a plus d'un siècle ! Alors cherchons à innover ! Je suis confiant et optimiste ! 

1. http://www.lemanbleu.ch/vod/le-grand-geneve-a-chaud-01122...

2. http://ldubois.blog.tdg.ch/archive/2013/03/26/des-program...

3. http://www.rts.ch/video/emissions/infrarouge/5355835-iden...

4. http://ldubois.blog.tdg.ch/archive/2013/03/26/des-program...

5. http://ldubois.blog.tdg.ch/archive/2013/08/20/temp-75436c...

15:05 Publié dans Enseignement | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

Commentaires

"Les réformes en cours ont éloigné les enseignants de leur mission première, en multipliant les tâches administratives, en mettant en place des dispositifs de gestion et de contrôles chronophages n'ayant montré que peu d'efficacité et ayant surtout joué un rôle néfaste sur la motivation des enseignants"

1. Assez content de constater que "certains" finissent par l'admettre! Enfin!Depuis le temps que je le dis...
2. Pourquoi la complexité de la problématique empêcherait-elle la réintroduction de l'enseignement de l'histoire suisse au niveau du primaire?
3. Ne pensez-vous pas qu'avant de pouvoir se servir correctement de telle ou telle "machine", il faut avant tout être capable de lire son mode d'emploi de façon, ensuite,à pouvoir l'utiliser ? N'est-ce pas le rôle que doit avoir l'école dans les premières années de l'apprentissage de la lecture? On ne peut mettre la charrue avant les bœufs...
Bref, l'école primaire, dans ses premières années au moins, ne sert-elle pas à acquérir les bases nécessaires, les outils, qui permettront par la suite, bien sûr, d'atteindre les objectifs visés.
Dans ce sens, oui, l'école n'a pas énormément changé et n'a alors pas besoin de le faire.

Écrit par : Duval | 02/12/2013

1. Je ne sais pas vraiment qui sont ces "certains",... ...mais je ne suis pas sûr qu'ils finiront par l'admettre !
2. Je ne suis pas contre la réintroduction de l'histoire suisse (a-t-elle vraiment disparu partout), la question c'est laquelle ? Lesquelles ? Celle des mythes ? Celle de l'UDC ? Celle du peuple ? Celle des grandes entreprises ? ...
3. Lire un mode d'emploi avant d'utiliser une machine ! Voyons ! Il y a plein d'autres manières d'apprendre à utiliser des machines que de lire le mode d'emploi... ...et je ne tiens pas vraiment à être dépendant des machines. Mais oui, il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Les bases, c'est notamment de permettre aux élèves de décoder, d'analyser, d'interpréter, de comprendre notre monde, son fonctionnement, progressivement et sans brûler les étapes... ...mais les outils sont multiples.

Écrit par : Laurent Dubois | 02/12/2013

Vous ne savez pas qui....mais vous n'êtes quand même pas sûr qu'ils finiront par l'admettre...hum ?!
Mais l'histoire de nos ancêtres, ceux qui, au cours des siècles, ont fondé notre Confédération telle qu'elle est devenue aujourd'hui! Et peu importe qu'il y ait des incertitudes, des peut-être petites inexactitudes, peu importe que quelques mythes s'y glissent, pourvu que l'enseignant le précise!

Écrit par : Duval | 02/12/2013

Je ne sais pas ce qui serait juste de faire ou non, ce n'est pas dans mes cordes ni dans mes capacités d'évaluer quels devraient être les enseignements d'aujourd'hui.

Par contre, je suis terrifiée lorsque je vois les résultats du simple alignement de quelques mots à la suite de nos jours chez nos enfants et pire, chez nos adolescents.

Et je crois que le problème est beaucoup plus vaste que celui de la méthode d'enseignement et qu'il se réfère à la santé ! L'incapacité à se concentrer, à mémoriser, à s'intéresser, l'agitation interne, l'hyperactivité, etc... Cela est du ressort du fonctionnement du cerveau, de ses neurotransmetteurs et de son système endocrinien.

Celui-ci est lié à plusieurs composantes qui n'ont rien à voir avec l'enseignement mais avec l'état physique et neurobiologique des jeunes d'aujourd'hui.

Et personne, strictement personne, ne s'y penche.

Alors que l'enseignement change ou non, si on ne règle pas ce problème, ses causes, ses effets et ses conséquences, le meilleur enseignement du monde n'y pourra rien.

Écrit par : Jmemêledetout | 02/12/2013

Bonjour,

en tant que Sophrologue caycedienne, je pense effectivement qu il existe un réel problème de concentration chez nos enfants et jeunes adultes.
Avec la Sophrologie, de nombreux problèmes de ce genre, sans parler de la gestion du stress, préparation aux exaspération etc. . . , peuvent être résolus.

Mais il faudrait que le DIP s ouvre à cette démarche. . .
Je serai prête à essayer de faire avancer les choses

Écrit par : nicole gisler | 03/12/2013

@nicole gisier

J'ai eu des amis profs il y a très longtemps qui utilisaient cette méthode dans leur classe avec succès.

Mais cela soigne des effets et non des causes. Alors ce serait très utile pour tempérer les effets et et apporter un meilleur état d'être à ces enfants.

Mais si on ne s'occupe pas des causes, ce sera ad lib... Or tous les neurotoxiques et perturbateurs endocriniens présents dans l'environnement et la nourriture continueront à les engendrer ces effets.

Pour cela il faudrait faire des analyses adéquates et ce serait toute la société économique qui serait remise en cause. Certains pays ou chercheurs ont eu ce courage avec des résultats très probants. Nous vivons dans un pays qui a plus de 60 ans de retard sur le phénomène toxicologique et cette matière a à peine quelques heures de formation en médecine, je ne sais pas combien exactement, mais il est clair qu'elle passe à la trappe.

Alors volonté économique ou manque de responsabilité ?

Il y a quelques années, j'ai lu une étude faite aux US sur 500 enfants autistes. 85 % avait un taux de mercure bien au delà de la norme OMS. Et ce n'est qu'un seul des composants.

Je trouve cela triste, cette absence de responsabilité pour raisons économiques et pour ne surtout pas en changer les règles, car elle sera responsable dans le futur de beaucoup de souffrances et de coûts de santé ingérables.

La vision à court terme donne rarement des lendemains chantants.

Écrit par : Jmemêledetout | 03/12/2013

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