26/03/2013

Des programmes politiques qui manquent d'innovation

A l'heure où les partis politiques affûtent leur programme électoral en vue de l'élection au Grand Conseil du canton de Genève de l'automne 2013, je me suis intéressé aux propositions touchant la formation et l'éducation.

L'analyse de ces propositions me permet de constater qu'il n'y a pas vraiment de nouveauté, d'innovation, et que les blocs de gauche et de droite ressortent les mêmes arguments d'année en année.

Ainsi, pour l'enseignement obligatoire, les partis de gauche revendiquent le maintien du taux d'encadrement, du nombre d'élèves par classe, un nombre suffisant d'ECSP (enseignant chargé du soutien pédagogique), et soutiennent toutes les mesures visant à préserver ou améliorer les conditions de travail.

Les partis de droite, quant à eux, appellent à une augmentation des exigences (comme si cela pouvait se décréter !), souhaitent un retour à certains fondamentaux - lire-écrire-compter - et touchent à ce qu'ils identifient comme des privilèges chez les enseignant-e-s de notre canton.

Bien évidemment, toutes ces mesures, prises unilatéralement et de manière décontextualisées, n'ont aucune incidence sur les objectifs visés et partagés par tous les partis : améliorer le système éducatif et permettre à tous les élèves d'acquérir les connaissances et les compétences nécessaires à leur vie futur... ...et répondre aux besoins et aux exigences de la société !

Il y a pourtant une alternative ! Bien évidemment, pour cela, il faut bousculer quelque peu des habitudes et des principes qui semblent coulés dans le bronze !

Une souplesse peut être envisagée en ce qui concerne le nombre d'élèves par classe, par exemple. Certaines leçons peuvent être dispensées à 30 élèves en même temps, alors que d'autres nécessitent de petits effectifs ! Par ailleurs, l'apprentissage de la lecture est un phénomène complexe et le discours qui prétend qu'il faut (re)centrer l'enseignement obligatoire sur la lecture est des plus simpliste ! Lire c'est décoder ! Non seulement décoder des lettres et des phrases, mais aussi et peut-être surtout arriver à donner du sens à ce qui est déchiffré, arriver à contextualiser ce qui est lu. Apprendre à lire le monde c'est apprendre à lire des textes différents, apprendre à décoder des discours provenant de médias diversifiés (y compris des images, des vidéos et des médias numériques) et appendre à faire des liens avec les enjeux de notre société, avec notre culture. En cela, l'ensemble des disciplines contribuent à ces appentissages. D'autres aménagements sont indispensables. Améliorer l'école c'est possible ! Encore faut-il être capable de remettre en question certaines traditions (à lire ces prochains mois sur ce blog).

Un véritable projet éducatif est nécessaire pour Genève. Un programme politique innovant, décomplexé et se distançant de l'éternel clivage gauche-droite. Les Vert'libéraux se positionnent sur ce nouveau terrain !



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19/03/2013

A quand une refondation de l'école pour Genève ?

En France, l’Assemblée nationale vient d’adopter le projet de loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de la République (1). Ainsi, le changement de gouvernement devrait avoir, comme à chaque basculement de majorité, une incidence déterminante sur le paysage éducatif français.

Dès la rentrée 2013, la loi donne la priorité à l'école primaire grâce à divers dispositifs. L'enseignement moral et civique sera introduit et l'éducation artistique sera renforcée. Une nouvelle formation initiale et continue sera mise en place, remplaçant l'ancienne, moribonde. Par ailleurs, cette loi fera entrer l'école française dans l'ère du numérique. Enfin, de nouveaux programmes scolaires seront élaborés et permettront de repenser le socle commun de connaissances, de compétences et de culture.

A Genève, si quelques modifications structurelles sont à l'ordre du jour (grille horaire du CO, école le mercredi matin), les fondements restent les mêmes et les fluctuations enregistrées dans nos exécutifs et législatifs n'ont que peu d'incidences sur des principes et traditions scolaires qui semblent inébranlables. L'orientation prise il y a maintenant plus de deux décennies n'a jamais été remise en question. On est dans une politique du toujours plus ! Toujours plus de disciplines... ...et toujours plus tôt (allemand, anglais, citoyenneté, MITIC, grands textes); toujours plus d'évaluations, de contrôles; toujours plus de tâches administratives et de responsabilités pour les enseignants; toujours plus de hiérarchie et de rendre compte.

Le concordat HarmoS, entré en vigueur le 1er août 2009, visant à harmoniser les structures et les objectifs scolaires (2), n'a pas réussi à renverser la vapeur, puisque le Plan d'Etude Romand (3), consensuel, a dû accepter une somme de contenus supérieurs aux programmes précédents... ...que les enseignants n'arrivaient déjà pas à "boucler".

Alors oui, l'école genevoise a besoin d'une refondation... ...quitter le toujours plus et le toujours plus tôt vers le mieux. Il y a des pistes, mais pour cela il faut changer de paradigme, revoir nos représentations sur l'apprendre, briser les cloisonnements disciplinaires, retourner aux fondamentaux. Ces fondamentaux qui nous servent à décoder le monde, à le comprendre, à l'analyser. Et apprendre à apprendre, car cela ne coule pas de source.

La France a choisi une voie, nous prendrons la nôtre ! Mais les enjeux en lien avec l'enseignement sont essentiels pour l'avenir de notre pays et de notre canton.

 

1. http://www.education.gouv.fr/cid70877/vote-solennel-de-la...

2. http://www.edudoc.ch/static/web/arbeiten/harmos/Kurz_info...

3. http://www.plandetudes.ch

22:50 Publié dans Enseignement | Tags : enseignement | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |